Ce n'est pas parce que l'on était à la fin des années 60 que l'on manquait de notion en terme de marketing.
Il faut reconnaître que ça claque comme une bannière dans le vent et que c'est très évocateur comme nom :
Sans même l'avoir vu, on imagine une belle étrave blanche fendant une dune à peine ridée par la Marinade ou la Tramontane. Et puis le sable ça fait penser à l'exotisme, le bord de mer, les voyages. Les voyages comme ce paquebot, gigantesque oiseau de mer au nom féminin, évoquant l’Ailleurs....
Mais bon, finie l'explication de texte.
Au départ il faut bien reconnaître que ça évoquait surtout une réalité: Un petit paquebot australo-grec noyé dans une mer de sable:
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| Il n'y a rien tout autour ! |
Source, crédit photo :L’eau qui chante (1967)
Le LYDIA était seul, isolé à plusieurs kilomètres de la moindre habitation.
On l'avait d'ailleurs échoué là pour ça: Qu'il y ait quelque chose, attirer les touristes et les locaux, faire rêver, montrer la volonté de l’État de bâtir une station balnéaire en ce lieu désertique,et, plus prosaïquement, vendre des appartements dans les programmes immobiliers qui n'allaient pas tarder à sortir de terre.
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La résidence "la Sardane", les "Barbecues" et pares ! |
Photo de source inconnue
Mais bon, rapidement le marketing s'est emparé d'une réalité.
Partout, sur tous les journaux, sur les flammes de la Poste, sur la moindre carte postale, notre splendide ambassadeur voyageait avec son pseudonyme évocateur.
Il vendait du rêve, il vendait notre ville dans l'hexagone et au -delà des frontières:
Source crédit-photo : © photothèque Lydia Moonta
Pendant d'ailleurs prés de 20 ans ce joli pseudonyme fut une réalité.
Tout autour de lui, de beaux aménagements le mettaient en valeur: Une grande estacade en bois passait le long de sa proue, ses deux chaînes d'ancre plantées dans le sable et figurant une éternelle escale, un mouillage immuable.
Autour de lui, juste une petite promenade épargnant tout son avant pour que la plage vienne lécher son flanc:
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| le Lydia et son casino entre 1973 et 1978 |
Source: Carte postale publicitaire casino le Lydia
Le cinéma ne s'y était pas trompé, choisissant pour l'un de ces plans l'étrave fendant le sable, image saisissante s'il en est:
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| Le film 'l'Alpagueur" |
Las , à la fin des année 1980, cet aménagement si simple, mais en même temps si évocateur, fut purement et simplement saccagé : côté terre l'avant du navire fut noyé sous l'asphalte, permettant du même coup aux véhicules de stationner à-même la coque; côté mer une grande "esplanade" en pavés auto-bloquants enserra feu le paquebot des sables.
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| photo de source inconnue |
Vu d'en-haut c'est encore plus désolant :
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| Source Google earth |
Aujourd'hui toutes les constructions annexes qui l'avaient fait disparaître ont été démolies. C'est une bonne chose et il n'était que temps.
Il reste à le débarrasser du béton pour que son étrave retrouve le sable....
Olivier
Alba