Mesure d'audience ROI statistique webanalytics par WebAnalytics Lydia MOONTA: Le patrimoine maritime en France et à l'étranger épisode 4 et fin- Et la France dans tout ça?

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Nous sommes des Barcarèsiens, qui aimons et protégeons ce patrimoine inaliénable de notre commune

vendredi 10 février 2017

Le patrimoine maritime en France et à l'étranger épisode 4 et fin- Et la France dans tout ça?

Dans ce tour du monde -non exhaustif- que nous venons de faire concernant le patrimoine naval, il semblait bon de se poser (enfin!) la question fatidique:

Et la France dans tout cela?

Pendant longtemps notre pays s'est désintéressé au plus haut point de la sauvegarde de son patrimoine maritime. Cet état de fait deviendra criant lors du premier rassemblement des grands voiliers organisé en France en 1989, nommé les Voiles de la Liberté, dans le cadre des cérémonies du bicentenaire de la révolution française. Cet état de fait fera d'ailleurs regretter à Eric Tabarly ce désert...

Cette lamentable situation était d'autant plus incompréhensible que la France a longtemps été l'une des premières nations maritimes du monde, notamment en ayant possédé la plus grand flotte de "Windjammer", ces grands voiliers à coque en fer qui sillonnaient le monde à la veille de la première guerre mondiale, dont le fabuleux France 2, encore aujourd'hui répertorié comme le plus grand voilier ayant navigué et dont l'épave est toujours visible sur un récif de Nouvelle Calédonie.



L'épave récemment
Au temps de sa splendeur
  
 Plus de détails sur l'histoire de ce géant ICI


Dans l'entre-deux-guerres la quasi totalité de ces navires sera ferraillée sans que l'on pense à en sauvegarder certains. 

Le canal de la Martinière se souvenant encore de cette file interminable de grands oiseaux attendant le chalumeau des démolisseurs:


  

Après la seconde guerre mondiale, c'est aussi notre pays qui, ratant une occasion superbe, refusera aussi le magnifique 74 canons que les Anglais souhaitaient nous rendre: Le Dugay-Trouin, rescapé de la funeste bataille de Trafalgar:



...Et qui, après refus des autorités, sera coulé dans la Manche:


Plus de détails sur ce navire ICI


Dans le domaine de la marine plus récente l'hécatombe sera du même ordre. Pas un cuirassé, pas un croiseur n’échappera aux chalumeaux des démolisseurs, pas même le croiseur Colbert, qui, préservé un temps comme navire-musée à Bordeaux, succombera à une cabale médiatico-bobo-écologiste.





  
Dans la même veine, la France posséda aussi la seconde flotte mondiale de paquebots, paquebots transatlantiques prestigieux comme Ile de France ou Normandie, ou encore le France que les politiques se gardèrent bien de préserver lors de son désarmement par les Norvégiens, et ce, malgré les projets qui naissèrent alors. Il n'en reste aujourd'hui qu'une légende et le nez de la proue:



Ou encore les innombrables paquebots de toutes tailles qui desservaient les colonies de l'empire français. De cet héritage il ne reste (presque) RIEN!

Aujourd'hui, de tous les navires d'un certain tonnage, il ne reste que quelques survivants, rares mais souvent prestigieux comme :

Le Belem




Construit à Nantes, utilisé notamment dans les Antilles, puis tour à tour anglais, italien puis à nouveau français, cet ancien voilier de charge, plusieurs fois transformé, motorisé et rebaptisé, pour divers usages, fut finalement déniché par hasard à Venise dans un piteux état à la fin des années 1970, par un amateur nostalgique. Racheté grâce à l'appui d'une grande banque française qui finance la fondation qui entreprend sa restauration, il est aujourd'hui reconverti dans le cabotage, offre des stages d'initiation et de découverte aux passionnés, sert entre autres et accessoirement à la Marine nationale pour l'entraînement de ses mousses et apparaît dans les grands rassemblements de vieux gréements traditionnels.

Le Belem fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 27 février 1984.




la Duchesse Anne à Dunkerque:




La Duchesse Anne, ex-Grossherzogin Elisabeth est le plus grand voilier, et le dernier trois-mâts carré, conservé en France. Construit en 1901 par le chantier Johann C. Tecklenborg de Bremerhaven-Geestemünde (Brême) selon les plans de Georg W. Claussen, il est considéré comme un chef-d’œuvre d’architecture navale, en raison notamment de la forme profilée de sa coque en acier et de l'équilibre général du navire, qui ménagent un espace habitable d'une grande capacité, tout en innovant en matière de sécurité.

Ancien navire-école de la marine marchande allemande, passé en 1946 sous pavillon français et remis à la Marine nationale française comme dédommagement de guerre, basé à Lorient et Brest sans jamais appareiller, il échappe de peu à la démolition, grâce à l'opiniâtreté de quelques passionnés dans les années 1970. Après une très longue restauration visant à lui faire retrouver son état d'origine, et conserver son authenticité de navire-école, il est, aujourd'hui, un bateau musée qui peut être visité dans le port de Dunkerque.  Il fait l'objet d'un classement au titre objet des monuments historiques depuis le 5 novembre 1982. Il a été le premier bateau à bénéficier de cette protection.


La très belle réplique de l'Hermione, un projet fou:


Et...Le paquebot Lydia, quatrième plus vieux liner au monde et l'objet de ce Blog.



  
Le Lydia est un paquebot mixte construit en 1931 au Danemark et initialement baptisé Moonta. Après avoir navigué dans les mers australes sous pavillon australien jusqu'en 1955 puis en Méditerranée sous pavillon grec, il fut désarmé en 1967. Il est aujourd'hui échoué sur la plage du Barcarès, dont il est le symbole. Il est actuellement le quatrième plus vieux paquebot existant au monde et en cours de rénovation, après des années d'abandon et de saccage. Il  ainsi retrouvé de belles couleurs, des ponts rénovés, une passerelle restaurée. Le chemin est encore long mais il avance !


Je ne résiste pas non plus, et pour terminer,  à l'envie de vous faire part de ce magnifique projet de reconstruction d'un trois-mâts du 17ème siècle, porté par une association à Gravelines: le Jean Bart et ce dans la plus profonde indifférence des médias français. Souhaitons-leur bonne chance.



Aujourd'hui...


 

...Demain














 Nous l'avons vu au cours de ces articles, la sauvegarde du  patrimoine maritime est un combat long et souvent mené par des passionnés qui, grâce à leur persévérance, creusent un chemin que les mauvaises langues qualifient souvent d'impossible. C'est grâce à eux que nous transmettrons la mémoire de ces êtres étranges que l'on appelle marins.

Olivier Alba 

1 commentaire:

  1. Capitaine Haddock, Le Barcarès11 février 2017 à 15:50

    Merci pour ce bel article. Je crois essentiel d'apporter la précision suivante : En 1916, la décision est prise de supprimer les hélices et moteurs afin que le navire puisse profiter pleinement de ses phénoménales performances sous voiles.
    C’est pourtant faute de moteur que France II s’échoua, dans la nuit du 11 au 12 juillet 1922, sur le récif de Ouano en Nouvelle-Calédonie, vers laquelle il avait effectué de si nombreux voyages.

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