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samedi 14 octobre 2017

Le deuxième vie du Lydia: La période grecque.


Aprés 24 ans de bons et loyaux services au sein de l'Adélaïde Steamship Co Ltd, Le Moonta est mis en vente par la compagnie australienne. 

Un temps utilisé comme ferry en remplacement du Taroona, il trouve au bout de six mois acquéreur auprès d'un armateur grec, la Hellenic Méditerranéan Lines (ELMES). Celle-ci prend possession du navire à Melbourne le 21 décembre 1955 et le bateau est rebaptisé Lydia, du nom d’une ancienne province grecque de l’antiquité.

Le navire appareille alors pour le Pirée, son nouveau port d’attache. A Adélaïde, le Lydia embarque un équipage grec qui doit se familiariser avec le navire.

Le Lydia après transformations au Pirée

Dans les hommes embarqués, le célèbre écrivain de marine grec Nikos Kavvadias (Νίκος Καββαδίας) connu notamment pour son roman très noir «Vardia » (Le Quart) paru l’année précédente.

Le nouvel armateur s'extasie même de l'exceptionnel état dans lequel se trouve le paquebot nouvellement acquis le jugeant même "d'une propreté de haut niveau presque exagérée" (sic) 

Embarquement

 Le navire retraverse donc la moitié du globe pour joindre les eaux de la Méditerranée qu’il avait visité une première fois 24 ans plus tôt. Arrivé en Grèce, il passe par les chantiers du  Pirée où il subit quelques transformations pour l’adapter à sa nouvelle destination: une navigation à travers la Méditerranée. La capacité est doublée, passant de 157 à 280 passagers, et l’on installe quatre canots supplémentaires, portant le chiffre total d’embarcations de sauvetage à huit. Sa plage arrière est elle aussi modifiée  pour recevoir, en lieu et place de l’ancien espace de tennis de pont, une petite dunette accueillant des cabines équipage supplémentaires ainsi qu’une infirmerie.



Le navire est divisé en trois classes: 51 passagers en première classe, 106 pour la classe «touriste» et enfin 123 en troisième classe qui s’entassent dans un grand dortoir à lits superposés situé sur le pont B au-dessus des cales avants. Il est aussi prévu que le paquebot puisse emporter 180 «embarquants» supplémentaires en «plein air» sur la plage avant, et ce uniquement pour de courtes traversées. Rien n’indique d’ailleurs que cette éventualité ne fut réellement utilisée un jour… On peine à imaginer le Lydia chargé à ras les pavois de 460 passagers.

Au printemps 1956, il reprend enfin du service sur le trajet Le Pirée/ Venise/Brindisi/ Alexandrie, mais très rapidement il est affecté à une autre ligne reliant Marseille à Beyrouth, avec escales à Gênes, Naples, Le Pirée, Alexandrie et Limassol Chypre). Au retour, il ajoute une escale à Port-Saïd, au débouché du canal de Suez. 

 
 


 Dés son entrée en service le Lydia va être pris dans les tourments de l'histoire car, en 1956, suite à la privatisation du canal de Suez, il va embarquer dans un premier temps les familles des européens qui travaillaient pour la compagnie du canal, mais aussi par la suite, les juifs égyptiens que Nasser a désigné comme Personna non grata suite à la guerre contre l'état d'Israël et l'opération franco-britannique de Suez. (voir notre article : ICI )




Ces événements passés, le Lydia retrouve la tranquillité de son périple autour de la Mare Nostrum sans incident notoire.

La ligne du Lydia en Méditerranée.
 
Seul changement, le navire reçoit quelques mois plus tard une nouvelle livrée grise, couleur plus adaptée au climat méditerranéen et couramment employée dans la marine commerciale grecque. A cette occasion la dunette est surmontée d'un coupe-vent sur son avant pour rendre l'endroit plus agréables aux classes "touristes" qui sont seuls à profiter de la partie arrière du paquebot.

La livrée grise du Lydia
 

A l'orée des années 1960, le monde change et les anciennes première classe et classe touriste sont refondues en une seule «uniclass», plus en accord avec les mentalités de l’époque.



Ce trajet à travers la Méditerranée ne dure que dix ans et en décembre 1966, le  Lydia, regagne définitivement le Pirée après 35 ans de service à la mer, dans l’attente d’un acheteur ou plus probablement du départ pour le chantier de démolition...

...C'est là que va se jouer le fabuleux destin de celui qui va devenir le Paquebot des sables...




Olivier Alba


samedi 7 octobre 2017

L'Adelaide Steamship Company, premier armateur du Lydia-Moonta

 

L'Adelaide Steamship Company, premier armateur du Lydia-Moonta


L'Adelaide Steamship Company était une des plus grande compagnie maritime d'Australie et l'une des entreprises commerciales les plus réussies du sud de  l'Australie.

Le commerce de la laine, du blé et des minéraux faisait de l'Australie du Sud une riche partie de l'empire colonial britannique au 19 ème siècle. Les exportations de matières premières étaient en plein essor mais leur expédition d'Australie du Sud a longtemps  été freinée par la petite taille des entreprises de fret maritime  et les rivalités inter-coloniales.  


En 1875, un groupe de pasteurs et hommes d'affaires avertis a pris le parti de prendre le problème à bras le corps, ce fût la création de l'Adélaïde Steamship Company. Sa création  visaient à assurer le transport de leurs produits ainsi que d'engranger le bénéfice du fret. Un service de transport de passagers fût aussi créé (souvent par paquebot mixte) pour faciliter le déplacement des personnes sur ce continent immense, et presque dépourvu de voies de communication terrestres efficaces.







Une réclame dans un journal d'Adélaïde en 1882

Pendant plus de 100 ans, la flotte de  l'Adélaïde Steamship Company dominera le transport de passagers et de marchandises dans une large zone de l'Australie s'étendant de la ville de Darwin à celle de Townsville.  La Société emploiera près de 800 marins à son apogée. 

Avant-hier :

 Source, crédit photo : Wikipédia

Hier : 

 Source, crédit photo : Wikipédia

Et aujourd'hui :

Source, crédit photo : Photographer : John Drennan, 1982


 En temps de guerre les navires de la compagnie ont été réquisitionnés pour les campagnes mondiales (transport de troupes, d'armement, navires hôpitaux) et dans les temps de paix, ils ont offert  à de nombreux australiens le voyage d'une vie.

Couleur de cheminée de L'ASC

 



Pendant plus de 50 ans de 1910 à 1960 le tour du Golfe de Spencer ou "Gulf trip" sur les navires de l'Adelaide Steamship Company a été une façon unique de  découvrir le sud de l'Australie. 





La devise de la compagnie 
 "Festina lente" (se hâter lentement)

Les navires de la compagnie, y compris le MOONTA, furent extrêmement populaires auprès des jeunes mariés à qui les navires du "Gulf Trip" offraient l'occasion d'un voyage de noce à moindre coût. Le voyage de sept jours coûtait en effet 6 £  en 1939. 


Une compagnie précurseur car à cette époque les paquebots sont des navires de transport, et celle-ci inaugure déjà la croisière comme en témoigne les publicités :


Source collection personnelle webmaster


Des navires comme le Minnipa, Manunda, Moonta et Morialta ont fourni à de nombreux australiens le cadre à romantique et inoubliable à ce moment de leur vie.


 Minnipa :
Source, crédit photo : lemairesoft.sytes

Manunda :
Source, crédit photo : lemairesoft.sytes

Moonta :
Source, crédit photo : lemairesoft.sytes

 Morialta : 
Source, crédit photo : lemairesoft.sytes

On ne compte plus aujourd'hui en Australie, le nombre d'enfants qui ont été d'ailleurs conçus pendant ce voyage et à bord de l'un des petits paquebots de la compagnie.

Le souvenir du Moonta reste d'ailleurs à ce jour très vivace comme le prouve l'attachement de beaucoup d'australiens à ce navire. 
Après la guerre, l'entreprise se diversifie dans le remorquage, la construction navale, et l'expédition de sel, le charbon et le sucre.  

Source, crédit photo: Maritime muséum

A l'orée des années 50 le développement du transport terrestre va concurrencer les navires à passagers de la compagnie qui va réduire cette branche de son activité en désarmant et vendant notamment le MOONTA en 1955.


Le 1er Janvier 1964, sa flotte sera fusionnée avec celle de la McIlwraith McEacharn Ltd dans une nouvelle société nommée Associated Steamships Ltd. L’Adelaide Steamship Company détenant alors 40% des parts de la nouvelle société.  

Cette nouvelle compagnie innovera encore en  développant et armant en 1964 le premier navire porte-conteneur construit au monde : le MV Kooringa

En 1977, suite à des déboires financiers et des investissements hasardeux, l’Adélaïde Steamship Company décidera de retirer ses intérêts du conglomérat, ne conservant que la branche d’exploitation des remorqueurs et opérations de remorquage. 

L' Adélaide Steamship Company était à ce moment-là, l'une des plus anciennes entreprises industrielles d'Australie. 

Elle change de nom en 1997 pour s’appeler désormais  Adsteam Marine Ltd, gardant dans son nouveau logo l'étoile rouge à huit branches de l’ancienne  appellation. 

Le nouveau logo de la compagnie.

En 2006, La société a été acquise par la plus grande compagnie de transport maritime au monde, l’AP Moeller-Maersk


Xavier Cuvelier-Roy

samedi 30 septembre 2017

Le Lydia et le 7ème art.



Au cours de sa vie le Lydia /Moonta,a servi par quatre fois de décor au cinéma. Une fois alors qu'il naviguait encore, Trois fois depuis sa mise à terre en 1967.



 KANGAROO 
(ou La loi du fouet)

 film américain réalisé par Lewis Milestone 1952, avec Maureen O’Hara, Peter Lawford :
ICI 


Qui se souvient de ce film des années 1950 et surtout qui a repéré notre Moonta qui sert de décor pour quelques scènes (escalier, social hall, pont promenade, fumoir) à la 19ème minute du film?




 






La séquence à bord : Les personnages empruntent l’escalier menant au social hall, déambulent en palabrant sur le pont promenade et nous les quittons lorsqu’ils entrent dans le fumoir. Dernière scène, on aperçoit la silhouette altière du Moonta en fond d’écran au bout d’une longue estacade en bois à Port-Augusta.



 
Les personnage dans le social-Hall du Moonta








 
Le Moonta au fond au mouillage à Port-Augusta



















L'ALPAGUEUR

Film de Philippe Labro (1976) avec en tête d'affiche notre Bebel national,  a été tourné en partie sur le Lydia.



 



La séquence à bord : le paquebot est une nouvelle fois choisi par le cinéma avec en tête d’affiche Jean-Paul Belmondo. On y aperçoit en arrière-plan le luxueux casino dans lequel déambulent et se croisent flic ripoux et malfrat, un saut dans la salle sous la timonerie (pont des embarcations) et enfin  un plan saisissant de la proue du paquebot fendant le sable.

On y découvre les salons du  casino géré par Madame Kuniko Tsutsumi, permettant un instant de se replonger dans luxe de cette époque dorée (1974/1978).

Le casino "tsutsumi" Laques rouge et costumes des croupiers par Karl Lagarfeld

Bebel guette sa proie en proue du Lydia




























 POUSSIERES D'EMPIRE 

Tourné en partie sur le LYDIA en 1983.
 ICI 
(visionnage payant hélas).


Le troisième film qui prendra comme décor le LYDIA. En 1983 le manque d'entretien se fait déjà sentir sur les images mais le navire est encore "cinématographiquement" exploitable. Par la suite la ruine, le démontage, le pillage, ou les découpes des éléments caractéristiques du paquebot lui feront perdre cette ambiance si recherché par le 7ème art. Et ce jusque des travaux lui redonnent son cachet.




  
La séquence à bord : Les plans filmés relatent le retour en métropole de coloniaux de l’ex-Indochine. Malgré le talent de la cinéaste, les prises de vue arrivent à peine à masquer les ponts déjà très dégradés. Une fête se déroule sur la plage arrière du navire, on déambule sur le pont promenade et l’on se quitte avec les passagers qui quittent le navire sur l’échelle de coupée avant.

Montage cinéma qui fait penser que le Lydia navigue encore


La fête sur la plage arrière








































Le collier rouge

Tourné en partie sur le LYDIA en 2017.

Sur ce dernier film, le réalisateur va utiliser uniquement la plage avant du navire, celle-ci ayant été dégagée de la structure rajoutée dans les années 70' pour accueillir le restaurant Isadora. 
Ce film est adapté d'un roman éponyme de Jean Christophe Ruffin. Sortie en salle prévue pour fin 2017.


Les photos du tournage

Crédit photo M-H Cuvelier-Roy

Crédit photo: Mairie du Barcarès

Crédit photo: Mairie du Barcarès

Crédit photo: inconnu
Pour sûr que l'on ira voir ce dernier film, dont une partie à été tournée dans les environs d'Opoul.

A quand le prochain?



Olivier Alba