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Nous sommes des Barcarèsiens, qui aimons et protégeons ce patrimoine inaliénable de notre commune

vendredi 28 avril 2017

Les "vies du Lydia" depuis son arrivée. Episode 2: Kuniko Tsutsumi 1973/1978



ÉPISODE 2: L'époque japonaise.
(1973/1978)
 

La seconde époque commence donc en 1973 avec le rachat du Lydia par le groupe japonais Seïbu, qui le transformera, sous la férule de sa flamboyante directrice Kuniko Tsutsumi, en casino de luxe.

 Kuniko Tsutsumi,
  Source crédit photo inconnu- Photothèque Lydia-Moonta


L'affaire s'est faite quelques semaines plus tôt lors d'une réunion organisée par la DATAR, présidée à l'époque par Jacques Monot. Lors de cette réunion, il est question de relancer la Mission Racine d’aménagement du Languedoc-Roussillon en attirant les investisseurs privés. C'est là que le flamboyant directeur de la SEMETA, le sénateur Gaston Pams va pour ainsi dire imposer le Barcarès à la non moins flamboyante Kuniko Tsutsumi, directrice de Groupe Seïbu en France. Il lui montre le Lydia et déclare à la manière d'un Danton "Les Français sont trop respectueux des traditions, ici on joue l'audace".

L'affaire est entendue, le Lydia est cédé au groupe japonais pour une bouchée de pain en échange de la promesse faite de construire sur place un hôtel ainsi qu'une résidence de loisirs. Ce sera l'Hôtel Lydia-Playa et la Résidence du Soleil Levant.


Le projet de Kuniko, fille d'une des plus grosses fortunes du Japon, est ambitieux: faire du Lydia un casino de luxe qui fonctionnera en parallèle avec l'hôtel pour l'hébergement. Le Lydia devient son jouet, son chouchou, sa marotte. D'autant que « La princesse » a ses entrées. Les Yéyés font faire place aux VIP parisiennes.

De grand travaux de transformation vont être alors engagés pour adapter le paquebot à sa nouvelle mission, sans le moindre discernement et le moindre égard pour son passé. La décoration sera confiée à Michel Ambrogi et Yves Betin.

 On ne lésine pas sur le prix non plus, près de 20 millions de francs sont investis pour métamorphoser les intérieurs. La silhouette du navire subit un léger changement au niveau de la plage avant où un jardin d'hiver est créé en lieu et place de la piscine et du bar. Contre la coque et pour matérialiser l'entrée, une structure légère est construite. La cheminée arbore désormais les couleurs de l'entreprise Seïbu.


  Source crédit photo: Carte postale publicitaire Seïbu

A l’intérieur, en revanche, tout change, un pont entier est dégagé pour laisser place au casino.


 Source crédit photo: Brochure publicitaire Seïbu

Au rez-de-chaussée le night-club le "Trunk" devient alors le "Lydia-club" et reste à la même place mais avec une toute nouvelle décoration.

   Source crédit photo: Brochure publicitaire Seïbu

Toujours au rez-de-chaussée mais à l'arrière cette fois-ci prennent place une salle de boule ainsi que le bar Zig-zag:

   Source crédit photo: Brochure publicitaire Seïbu



 Source crédit photo: Brochure publicitaire Seïbu

Au-dessus, au premier niveau, un pont entier de cabines ainsi que l'ancien "trunk store" sont démolis pour faire place au casino proprement dit, caisses, salle de jeux et à l'avant un bar nommé "le Crésus" en référence à la nouvelle destination du lieu mais aussi clin d’œil au très connu roi de Lydie. 

  Source crédit photo: Brochure publicitaire Seïbu


  Source crédit photo: Brochure publicitaire Seïbu

  Source crédit photo: Brochure publicitaire Seïbu

Enfin, au-dessus du casino, l'ancienne salle-à-manger si typique du paquebot est démolie pour laisser place à un nouveau restaurant "l'Isadora" qui se prolonge sur la plage avant.

  Source crédit photo: Brochure publicitaire Seïbu

 Source crédit photo: Brochure publicitaire Seïbu

Le Lydia nage alors dans le luxe: artistes, jet-set et "beautiful people" se mêlent aux riches industriels sud-catalans. Les costumes sont dessiné par Karl Lagarfeld, le moindre porte clef est signé Hermès. Le cinéma s’intéressera aussi au casino du Lydia qui servira de décor pour le film l'Alpagueur de Michel Labro avec en tête d'affiche le trés populaire Jean-Paul Belmondo.




Époque dorée certes, mais surtout une coûteuse illusion qui durera à peine cinq ans. 


A la fin des années 1970, la réouverture des casinos en Espagne sonnera le glas de cette coûteuse illusion.
Plus grave encore, la gestion du casino est catastrophique et le casino est fermé en 1978 suite au retrait contraint et forçé de Kuniko à qui Tokyo a définitivement coupé les robinets financiers. 
Le  Lydia sera encore exploité trois ans par le groupe Seïbu mais comme simple annexe de l'hôtel, salle de séminaires et de conférence.  Seul le très populaire "Lydia-club", avec à sa tête l'inamovible Roland Vonné et sa femme Betty, tient le cap de la croisière nocturne.

En 1980 le groupe Seïbu jette définitivement l'éponge: Le Lydia change une fois de plus de mains et l'hôtel Lydia-playa est vendu, une nouvelle période s'annonce à l'orée des 80'...
...Reste que les nouveau aménagements, si beaux soient-ils sur l'instant, sont très marqués années 70'...

...Finies l'intemporalité d'une déco marine, l'authenticité d'un lieu unique...

Seuls subsistent encore en 1980, la timonerie presque intacte (il manque juste le compas), l'escalier, le social-hall, le salon arrière (les deux au niveau du pont promenade) ainsi qu'un pont entier de cabine qui servent de bureaux.

  Cette période est cruciale pour l'avenir du Lydia, même si à l'époque personne ne s'en rend encore compte: en le mettant à la "mode", en cédant aux "tendances" en terme de déco, on l'a condamné à vieillir...  

 le Lydia a déjà perdu une partie de son âme...


Olivier Alba
                                                                         
                   Première époque : ICI

vendredi 21 avril 2017

Les "vies du Lydia" depuis son arrivée. Episode 1: La SEMETA


ÉPISODE 1: L'époque de la SEMETA.
(1967/1973)
 
Il semblait intéressant de faire un état des lieux sur notre paquebot époque par époque depuis sa mise à terre en 1967.

La première époque est donc celle juste après l'échouage, époque qui verra les entrailles du navire s'adapter à sa nouvelle mission touristique.

Après de premiers travaux aux Chantiers Terrin à Marseille (essentiellement de chaudronnerie), il est convoyé au Barcarès.
Crédit photo: Sybille

De 1967 à 1973, le paquebot sera loué par la SEMETA (société mixte d'aménagement qui a en charge la création de la station du Barcarès) à une société créée pour l'occasion: La SODELOR qui a mission de l'exploiter.

Sur les extérieurs le navire est quasi intact et "dans son jus", ce qui fait son succès auprès des 300 000 touristes qui se ruent à bord dés la première saison. Certains espaces authentiques ont été préservés comme le social-hall, le bar arrière (pont promenade), la salle à manger (deuxième pont). Les deux ponts de cabines (premier et deuxième pont) sont encore intacts. On pense un temps à les transformer en hôtel mais le projet est abandonné.

Une longue estacade figure un quai tandis que les deux chaines d'ancre laisse à penser qu'il est mouillé dans le sable.

Pour les aménagements intérieurs le sénateur Gaston Pams, président de la SEMETA, aura ces mots flamboyants: "Que du beau et du cher !"

On fait donc appel à des artisans spécialisés et des compagnons pour réaliser les luxueux aménagements: le détail ici

 Sur le pont avant à pris place une piscine et un bar qui connaitront immédiatement un succès incroyable: 

Source crédit photo: éditions Dino
 
Le bar et la piscine



 
Source crédit photo: éditions Dino

La salle à manger d'origine des premières classes, entièrement recouverte de panneaux plaqués en citronnier de Ceylan, accueille les clients dans un cadre de rêve

Extrait d'une brochure publicitaire SEMETA

Source crédit photo: éditions Dino

Devant le navire, l'hélice (qui n'est pas celle d'origine mais l'hélice de secours qui se trouvait dans la cale avant) brille de mille feux en accueillant les curieux:

Notez la résidence la Sardane encore en construction
 Source crédit photo: éditions Dino

Dans la cale avant est aménagée la première discothèque le "Trunk" sous la houlette de Roland Vonné.

Source crédit photo: éditions Dino


Dans la cale arrière et le compartiment des diesels MAN est installé un snack-bar appelé très opportunément la "Cambuse", entièrement plaqué en pin d’Oregon verni. Les suspensions rappellent les lamparos catalans. Les cloisons inclinées respectent les formes de la coque: on est bien dans un bateau!

Source crédit photo: éditions Dino
Sur la dunette arrière, les deux barres mécaniques de secours sont impeccables:




Collection personnelle webmaster
 Source crédit-photo :© photothèque Lydia Moonta

Sur le premier pont à l'avant est aménagé un bar et des boutiques: "Le Trunk store". 

Par des hublots on peut apercevoir les nageurs de la piscine au-dessus. Les murs sont recouverts de placage en bois précieux verni, le laiton brille doucement dans une ambiance luxueuse et très marine:

Source crédit photo: éditions Dino

 Sur le pont des embarcations on déambule entre les canots et, clou de la visite, on s'enthousiasme pour la timonerie parfaitement conservée. C'est l'endroit le plus couru du bord !


Source crédit photo: éditions Dino
Même les cuisines dernier cri font l'objet d'une carte postale!!!

Source crédit photo: éditions Dino
On peut comprendre à la vue de ces "photos témoins" l'engouement que procure le paquebot. Les aménagements sont impeccables, de bons goût, indémodables et surtout en parfaite adéquation avec l'esprit "paquebot" que le visiteur recherche.
On se bousculera à bords durant les cinq ans et demi d'exploitation par la SEMETA.

Photo collection J-M Parés
Seul changement au cours de ces cinq années, les couleur de la cheminée (noire liseré rouge en haut) qui, au départ, arborera un écusson de la SEMETA sur fond bleu, figurant deux sirènes:

 
Très rapidement remplacé par un logo plus stylisé et moderne figurant une maison (sic!)
Le style paquebot, les ambiances marines sont et resteront indémodables. Faire du moderne ou du "tendance" en un tel lieu, c'est prédestiner le paquebot à se démoder dans les dix ans qui viennent et manquer de respect à "l'historicité" et la dimension patrimoniale du lieu...

La seconde partie qui traitera de la période 1973/1980 nous le prouvera de manière éclatante....

A suivre...
Olivier Alba


vendredi 14 avril 2017

Le Lydia-Moonta en cartes postales. Episode 1, Australie et Grèce



Sous le pavillon de l'Adéalaïde-Ship-Company :









variante :











Sous le pavillon de l'Hellenic-Mediterranean-Lines :








Olivier Alba / Xavier Cuvelier-Roy


vendredi 7 avril 2017

Qu'est ce qu'on mange à bord? La gastronomie sur le Lydia-Moonta





A bord du Moonta on mange bien !

Adélaïde Steamship Co (1931-1955)


Menu de guerre dit "d'austérité"

Menu dans les deux dernières années de navigation du Moonta en Australie


Mais à bord du Lydia c'est pas mal non plus...

 Le Restaurant du Lydia 
(époque SEMETA) 1967/1973



























Décidément on se régale !!!



Le restaurant "Isadora"- Casino du Lydia- (1974-1978)

Pas de menu retrouvé à ce jour du restaurant "Isadora", mais des photos qui nous présentent les mets servis à table. Il est à noter que c'est le célèbre cuisinier Georges Landriot qui officie en cuisine et confectionne aussi les "en-cas" du snack "le Crésus juste un pont en dessous

Le maitre d'hotel


le Gibier




Et enfin pour terminer le restaurant 
"Côté mer" époque Partouche







 
















Bon appétit !!!

                                                             Olivier Alba